Vues d’oiseaux

Rebecca Field et son mari Ben ont découvert Saint-Barthelémy en 1990 et depuis bientôt 20 ans ils reviennent chaque année y passer deux ou trois semaines de vacances d’hiver aux mois de février-mars. Naturellement, ils ont depuis toujours apprécié l’hospitalité et l’ambiance françaises, la cuisine raffinée et les occasions de shopping, néanmoins, pour eux la principale attraction reste l’environnement : la flore, la faune et le climat.

Résidants le reste de l’année au Minnesota, où les hivers sont longs, froids et enneigés, venir à Saint-Barth en plein hiver pour louer une villa sur la colline de Saint-Jean, c’est tout simplement le paradis. Après avoir visité beaucoup d’autres îles de la Caraïbe, à leurs yeux aucune ne peut se comparer à Saint-Barth.

Après avoir travaillé pendant 13 ans dans un cabinet d’avocats, où sa fonction d’assistante juridique la confinait à un bureau sans fenêtres au 42ème étage d’un gratte-ciel au centre de Minneapolis, Rebecca était heureuse de pouvoir se replonger dans la nature qui lui manquait tant. Elle s’est mise au jardinage, à l’observation des oiseaux et à l’équitation, qui l’a passionnée au point de pratiquer le dressage, le cross et le saut d’obstacles. Mais après sept ans à dos de cheval elle a été contrainte de renoncer à cette passion suite à un diagnostic d’arthrite de la colonne vertébrale. Elle a réussi à surmonter cette déception grâce à sa découverte de la photographie numérique. Avec Ben, son mari, Rebecca a voyagé à travers le monde à la découverte des écosystèmes, photographiant la nature et les animaux sauvages.

Leurs voyages les ont amenés non seulement à Saint-Barth, mais en Angleterre, Italie, France, Argentine, au Chili et pour ce qui est de l’Afrique, en Afrique du Sud, au Botswana, au Zimbabwe, en Tanzanie, Namibie et Zambie. Souvent, sur leurs safaris photographiques, le couple est accompagné par un ami cher, le photographe naturaliste sud-africain Jamie Thom, deux fois récompensé par le prestigieux prix de "Wildlife Photographer of the Year" remis par la BBC et Shell Oil. Jamie est devenu le mentor de Rebecca, l’aidant à se perfectionner dans ce domaine si particulier de la photographie, aussi bien lors de leurs sorties en brousse que par les échanges email.

Rebecca a vu ses photos publiées dans plusieurs livres et revues spécialisées et elle a pu exposer son travail aussi bien au Minnesota qu’à Saint-Barth, se voyant récompensée par plusieurs prix de photographie. Vous pouvez voir ses photos d’oiseaux de Saint-Barth (prises dans la mangrove de Saint-Jean, au Petit Cul-de-Sac, au port de Gustavia et sur les îlets) sur son site web: www.rebeccafieldphotography.com

Rebecca est membre du conseil d’administration d’Audubon Minnesota, la section régionale de la National Audubon Society, organisme internationalement connu, notamment pour son engagement dans la préservation des espèces d’oiseaux. Audubon Minnesota publie plusieurs magazines sur la conservation de l’environnement et la réhabilitation des écosystèmes les plus critiques pour la survie des 60 espèces d’oiseaux les plus menacés du Minnesota. Les illustrations de ces articles sont souvent dues à Rebecca. Par ailleurs la photographe ne vend par ses tirages, mais les “donne” à ceux qui font un don à la société Audubon de Minnesota.

La National Audubon Society s’est donnée pour mission la conservation et la réhabilitation des écosystèmes, en portant une attention particulière sur les oiseaux et d’autres formes de vie sauvage et leurs habitats, afin de les préserver pour l’humanité et contribuer à la sauvegarde de la diversité biologique. La Société s’appuie sur un vaste réseau de volontaires et d’activistes, un staff dévoué et le prestige justement acquis de son nom. Le but ultime de l’organisation est de créer une culture de la préservation et une éthique environnementale.

En inspirant l’action individuelle et collective, Audubon cherche à rendre socialement, politiquement et moralement inacceptable l’exploitation non durable de la nature. Ainsi, l’engagement de ses membres pour la protection des oiseaux et d’autres formes de vie sauvage est un corollaire essentiel de la mission d’Audubon.

Au bout de 20 ans de séjours annuels à Saint-Barth, Rebecca est de plus en plus inquiète de l’état de l’environnement de l’île. Elle espère que les Saint-Barth autochtones, les résidents à l’année, et les visiteurs fidèles conjugueront leurs forces pour organiser des activités en faveur de la préservation de cette île bijou et ses résidents permanents, qu’ils soient oiseaux, reptiles, espèces botaniques, humains ou d’autres formes de vie.

Rebecca est persuadée que la culture de la préservation de la nature n’a jamais été plus actuelle qu’aujourd’hui. Jeune fille, ses parents lui ont inculqué “qu’à ceux qui ont reçu beaucoup, beaucoup sera demandé”, et son plus cher souhait est que son travail puisse inspirer d’autres personnes à apprécier la nature et à reconnaître l’importance de sa préservation. Il n’y a pas de meilleur indicateur de la santé de notre planète que les oiseaux et d’autres animaux sauvages, la qualité de l’eau et l’état de la flore. Si nous ne leur apportons pas l’attention nécessaire, si nous manquons de les préserver et de protéger notre environnement, nous serons les victimes de notre propre négligence.

Source : Tropical Magazine n°189, saison 2009-2010, page 61.

Photos : Rebecca Field, Jean-Jacques Rigaud.

Texte : Henri Masson.

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