Saline côté marais

Saline côté marais, un microcosme à préserver

La Grande Saline n’est pas seulement une des plus belles plages de l’île. C’est aussi, pour ceux qui prennent le temps de s’y arrêter avant de franchir sa célèbre dune, un biotope aussi passionnant que fragile, une destination de choix pour les amoureux de la nature et les amateurs de safari-photo.

En effet cet ancien marais salant dont le dessin est encore bien visible constitue un refuge naturel pour des dizaines d’espèces d’oiseaux, certaines très rares ou endémiques. À tout moment, les échasses arpentent nonchalamment ses berges sans perturber le ballet cocasse des chevaliers, bécasseaux, pluviers, hérons crabiers à l’affût, attirés par la richesse nutritive de ses sédiments et de ses eaux où abondent des Artémias, sortes de minuscules crevettes qui colorent de rose vif la surface de ses eaux. Sur les berges, les palétuviers constituent des cachettes idéales pour la nidification.

Mais cet écosystème ancien est un équilibre délicat dont la régénération dépend de sa communication avec la mer. À l'époque de l'exploitation du sel, une conduite avait été construite du côté de Chauvette pour permettre la mise en eau contrôlée des bassins. Après l'arrêt de l'exploitation, l’essentiel de l'irrigation provenait du ruissellement de l’eau de pluie depuis les mornes environnants. Un apport parfois insuffisant pour combattre l’évaporation : lors des fortes chaleurs, les fonds se découvrent, exposant à la merci des prédateurs —chats ou promeneurs— les œufs que certaines espèces couvent à même le sol. Heureusement, depuis quelques temps, la conduite est réactivée pour le plus grand bien du marais.

Les zones humides, lieux de biodiversité vitaux, ont fortement reculé ces dernières décennies sur l'île. Les marais de Saline demeurent un de ces joyaux naturels incontournables. Prendre le temps de s’attarder quelques minutes sur le chemin de la plage pour en goûter la subtile harmonie, c’est aussi œuvrer pour leur conservation.

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