Le Saint-barth Artistique

Des tout premiers arrivants jusqu'à la moitié du siècle dernier, il n'y a guère eu de place pour l'art à Saint-Barthélemy. Cette île demandait bien trop à ses occupants, ne serait-ce que pour survivre, pour trouver du travail, préserver l'eau et se nourrir. Seules sans doute la musique et la danse étaient pratiquées, sources d'évasion et relâchements bienvenus après les interminables et pénibles journées de travail.

Saint-Barth ne manquait pas pour autant de gens astucieux, doués et enclins à la création. Mais celle-ci devait être profitable, commercialement parlant. C'est ainsi qu'une quantité de Saint-Barth, les plus démunis en général, se lancèrent dans le tissage des feuilles de ces lataniers importés par le Père Morvan en 1890 et dans la production de chapeaux, balais, cordages, pochettes et éventails. Cet artisanat perdure encore aujourd'hui par tradition, essentiellement au quartier de Corossol. Mais comme souvent la technique tend à se perdre faute de jeunes intéressés par cet art ancien.

Communauté artistique

De nos jours, la vie est plus simple, le nombre d’artistes (peintres, musiciens, poètes, écrivains) ne cesse de croître, alimenté par l'arrivée régulière d'artistes métropolitains et Américains, venus s'installer dans ce lieu propice à la création. Parmi ces derniers, Mike Kelley et Richard Prince ont cédé dès les années 1980 au charme de l'île et aux attraits de sa lumière exceptionnelle, de son atmosphère unique, de sa vibration particulière.

Et les Saint-Barths eux-mêmes ont enfin pris le temps de créer. Beaucoup ont pris les pinceaux, de Pompi à Robert Danet pour ne citer que les plus productifs, nourrissant et se nourrissant du contact avec les peintres métropolitains comme Defize, Ballagny, Héckly, ou encore Hermmenge parmi les plus anciennement établis.

Arts vivants

L'île présente aussi aujourd’hui une scène musicale très active, que ce soit en musique locale avec des groupes comme les Romantiques, en musique traditionnelle caribéenne avec les musiciens du quartier de La Pointe qui maîtrisent parfaitement le "Gwo Ka", ou encore avec les multiples groupes de rock, de hip-hop et de reggae qui voient le jour dans le sillage des surfeurs et des vacanciers.

La danse est particulièrement bien représentée, avec deux très bonnes écoles qui révèlent chaque année des danseuses exceptionnelles remportant un nombre étonnant de prix nationaux.

Le théâtre enfin a fait son chemin et séduit chaque année des spectateurs de plus en plus nombreux, à commencer par la troupe SB Artist, mais aussi le Ti Téat, le théâtre en patois de Nicole Gréaux, qui préserve la mémoire de Saint-Barth.

Saint-Barth s'est organisée, des associations ont vu le jour, généralistes et sociales au début, plus spécialisées aujourd’hui. Les grands rendez-vous se multiplient, du cinéma à la musique, du théâtre à la danse, du concours de nouvelles au concours de peinture. Le commerce a suivi, et des galeries d'art moderne et contemporain d'un niveau tout à fait honorable se sont créées.

Saint-Barth bouge ! L’île a beaucoup à montrer et veut le faire savoir, la vie culturelle y est toujours plus riche, et personne ne serait surpris qu’elle devienne très bientôt un des hauts lieux de l'art et de son marché dans la caraïbe.

Fichiers attachés